C + clair

Regards sur le coaching et les RH par Lionel Ancelet

Un bel exemple d’externalisation

Un des concepts-clés de l’approche narrative est l’externalisation. Il s’agit de considérer le problème séparément du client, contrairement aux approches plus classiques qui l’identifient au problème pour lequel il vient voir un praticien.

Identifier le problème et le client, c’est confondre ce dernier avec son problème, confusion qu’il se chargera lui-même d’entretenir : « Je viens vous voir parce que je suis dépressif. » affirmera-t-il à son thérapeute. Ou encore : « J’aimerais que vous m’aidiez à devenir un meilleur commercial. » proposera-t-il à son coach comme objectif.

Or, en approche narrative, on répète souvent que «La personne n’est pas le problème, le problème est le problème.»

La personne et son problème

La personne nest pas le problème, le problème est le problème.

Dans le numéro de Télérama du 27 novembre 2010, un journaliste donne un bel exemple d’externalisation. A un élève qui se désolait d’avoir eu une mauvaise note à un devoir (et qui se considérait donc certainement comme un mauvais élève ), un prof avait lancé : « Vous n’êtes pas ce 7/20. Ce 7/20, c’est ce que valait votre travail la semaine dernière entre 8 heures et midi. Faites bien la différence. »

Cette phrase, à elle seule, illustre parfaitement la notion d’externalisation, essentielle dans l’approche narrative. Ce sont dans des circonstances précises (la semaine dernière, lors d’un devoir sur table, entre 8 heures et midi), que l’élève a éprouvé des difficultés. Le résultat en a été une mauvaise note. Si ce type d’événement venait à se répéter, l’élève en arriverait rapidement à la conclusion qu’il est mauvais, voire nul (ce que certains professeurs ne manqueraient pas de lui rappeler). Cette identité de mauvais élève serait graduellement renforcée par une histoire dominante, dans laquelle les seuls événements significatifs seraient le chapelet de mauvaises notes, preuves indiscutables de sa nature d’être humain aux capacités intellectuelles nécessairement limitées… Et plus cette histoire sera dominante, plus elle sera simple à raconter, jusqu’à se résumer à un attribut inséparable : « Voici un mauvais élève. »

Externaliser le problème, c’est, ainsi que le faisait remarquer ce professeur particulièrement inspiré, bien faire la différence entre une mauvaise note (ou même plusieurs mauvaises notes, ou même une longue série de mauvaises notes), et l’identité de cet élève. Car il y a forcément, dans son histoire de vie, des exceptions à cette histoire dominante, des événements qui racontent une tout autre histoire, une histoire alternative, riche d’anecdotes illustrant les nombreuses ressources dont dispose cet élève, illustrant dans quelles circonstances il est capable de les utiliser, mais illustrant aussi ce qui est important pour lui et qui lui donnera envie de les utiliser.

Et vous, quelles histoires vous racontez-vous sur vous-même, et qui vous enferment dans une identité de mauvais quelque chose ? Mauvais élève, mauvais professeur, mauvais commercial, mauvaise mère, mauvais fils, mauvais manager… Quelles exceptions pouvez-vous répérer, qui racontent cette histoire alternative impossible à résumer en quatre mots ?


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Written by LA

28 novembre 2010 à 20:17

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